Quarante ans de slogans féministes

Un ouvrage fait de photos, de slogans et de quelques textes. A reparcourir ces moments de fêtes et de manifestations, il apparaît clairement que les féministes, jusque dans leur choix de non-mixité, ont débattu de tous les sujets intéressants les êtres humains. De mobilisations en mobilisations, elles ont affirmé la volonté de maîtrise de leur corps (« ce sont les corps qui deviennent les supports légitimes de la revendication, non parce qu’ils sont semblables mais parce qu’ils subissent une même oppression »), la politisation des « domaines » assignés au privé, la recherche permanente de l’égalité ; et contre l’invisibilité, les non-dits, l’affirmation « Un homme sur deux est une femme ».

« Il y a plus inconnu que le soldat inconnu – sa femme – »

« Ne prenez pas vos désirs pour une réalité. Quand une femme dit non ! C’est non »

« Les sorcières peuvent aussi guérir les mots d’ordre », « Les sorcières peuvent aussi guérir les maux d’ordre »

« Une femme sans homme c’est comme un poisson sans bicyclette »

« Pourquoi une femme entière ne serait-elle qu’une moitié ? »

« Quand tu entends une femme crier, ne la laisse pas seule »

« Prenons la nuit ce soir et tous les autres »

« Les voies du plaisir ne sont pas toujours pénétrables »

« Ne me libérerez pas, je m’en charge »

« L’agresseur ne sonne pas – il a la clé »

Comme l’indique Béatrice Fraenkel en conclusion « Augmenter le féminisme général, assurer la relève, renforcer mondialement le féminisme, réactiver la lutte contre le patriarcat, tels sont quelques-uns des objectifs affichés par ces nouvelles féministes. La cartographie des pratiques que nous avons esquissée est loin d’être exhaustive. Elle révèle quelques lignes de force, la reprise de savoir-faire militants traditionnels, l’intégration de formes de lutte spectaculaires appartenant à l’histoire urbaine, le brassage de styles d’action publique puisés à des répertoires d’origines politiques et géographiques les plus divers. Toutes nouvelles qu’elles soient, ces lignes de force ne font pas véritablement rupture avec les expressions militantes des années soixante-dix. »

Un petit livre tout en graphisme, aux chaudes couleurs des révoltes et des manifestations de nuits « Mais si prendre la rue la nuit peut se faire grâce au corps collectif que constitue toute manifestation, oser la non-mixité est peut-être une expérience personnelle, intime, dont les retombées sont aussi subjectives. Le slogan Nos luttes changent la vie entière exprime parfaitement ce niveau de lecture de l’expérience manifestante. »

Résister est toujours un verbe qui se conjugue au présent. Un livre à offrir à toutes et à tous.

Lire la chronique de Didier Epsztajn sur le blog Entre les lignes entre les mots

Lire quelques pages de l’ouvrage sur le site des Éditions iXe

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