Marie

En suivant le temps non-linéaire des expositions de cet ouvrage-hommage, quelques bribes et impressions.

En ouverture un texte de Marie Dedieu « J’allais noyer mon chagrin dans l’océan Indien », publié avec l’aimable autorisation des Editions iXe : jallais-noyer-mon-chagrin-dans-locean-indien/

J’en souligne deux extraits :

« À quelle vitesse faut-il marcher pour voir son visage ou sa silhouette juste en passant – quand, tournant légèrement le visage vers la vitrine, on saisit la trace de son propre mouvement, une vivacité d’étoffe ou un profil d’œil, déjà passés, derrière soi ? »

« Je vois une femme à qui il est arrivé quelque chose, quelque chose comme ne plus coller à son image, être autre chose que son apparence, qui pourtant… »

Puis un texte à « Sept voix », publié avec l’aimable autorisation des Editions iXe : sept-voix/, histoire de Marie, histoire des sept amies, écrire un livre à plusieurs… « continuer un peu avec notre amie »…

Les débuts du Mouvement de Libération des femmes, « une cacophonie assez fabuleuse », l’égalité et la liberté de paroles, la non-mixité des assemblées, les Gouines rouges, « L’existence des Gouine rouges a signalé un engagement visible des lesbiennes dans le féminisme », un journal, le « Torchon brûle »… l’accident de Marie…

« En avril 1971, nous avons commencé à concevoir et fabriquer ensemble le premier numéro du Torchon brûle, qui est sorti en mai. Plusieurs publications collectives ont précédé ce premier numéro ». Tirage 35000 exemplaires dont 15000 diffusés par les femmes du MLF. « Le MLF n’est pas une organisation, c’est une déflagration ! », des photos, des reproductions d’affiches et de journaux, « Nous voulons un journal à l’image de l’effervescence du moment, à l’image aussi de la diversité des femmes », l’outrage aux bonne mœurs, « le temps de tous les espoirs et de l’euphorie collective »

Les auteures parlent de l’accident de Marie, de sa vie entourée, de sa haine du fauteuil roulant, des présences…

Je souligne les pages percutantes sur le groupe Psychepo, la « cheffe » Antoinette Fouque, « tyran avisé », les dynamiques de secte, les relations inter-personnelles, la part d’histoire volée, l’agir pour briser l’isolement… et cet extrait d’une réponse de Marie en 2008 (lire http://www.liberation.fr/societe/2008/10/07/l-heritage-feministe-detourne_112803) : « Donc, je ne sais si pour moi, aujourd’hui signer ce texte est intimement honnête ; le geste n’est pas suffisant, quelque chose de l’élucidation de la folie fouque doit être tenté, et il me semble que ce devrait être le tribut des ex psych. et po. »

J’ai particulièrement apprécié les pages sur le cinéma, et notamment l’entretien avec Marie Dedieu par Hélène Fleckinger (Voir sur le site des Editions iXe, http://www.editions-ixe.fr/content/marie).

Cinéma, le Féminaire, et quelques textes de Marie Dedieu, de belles lectures, entre autres, de Lola Montès de Marcel Ophuls, « pendant le spectacle, les points de risque, de souffrance et d’atterrissage ne sont pas les mêmes que ceux du passé. C’est de ce décalage que naissent et s’entrecroisent fugitivement oppression et libertés de Lola Montès dans le cadre rigide, fixé, de toute éternité, de la loi du cirque, de la Loi », de Wanda de Barbara Loden. Sans oublier, le signalement des « transformations de la démarche de Fusako » interprétée par Tanaka Kinuyo dans Les Femmes de la nuit de Kenji Mizoguchi, « Et on sort de ce film, qui, donc, « traite » de la prostitution dans Osaka en ruines de guerre – comme Rome est en ruine dans Rome, ville ouverte de Rosselini -, on en sort assommés des coups directs qu’y reçoivent les femmes… »

Faire connaître des artistes, des œuvres de femmes peintres, sculptrices, photographes, réfléchir à la situation politique des femmes, rencontrer un tableau de Sonia Delaunay…

« Les événements cinéma et art organisés par Marie restent pour moi des balises lumineuses, des liens insoumis par-delà les frontières, les dogmes, la complaisance… des espaces éphémères, vivifiants, sauvés – en partie – de la prédation humaine » (Inès de Luna)

Marie, l’Afrique retrouvée, « Et l’amour, non pas borné à l’érotisme, mais étendu aux liens familiaux réinventés », la façon dont Marie a disparu, a été tuée après avoir été enlevée…

Un hommage, des moments d’histoire partagée.

Lire la chronique de Didier Epsztajn sur le blog Entre les lignes entre les mots

Lire quelques pages de l’ouvrage sur le site des Éditions iXe

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