Sexisme, le mot pour le dire !

« Quand un homme dit « j’aimerais avoir le point de vue féminin sur cette question », ou encore « les femmes ont vraiment une façon merveilleuse de raisonner », il est aussi condescendant que le raciste qui s’ignore en affirmant que tous les Noirs ont le sens du rythme. »

Dans une présentation pleine d’humour, « le mot et la chose », Sarah Gurcel Vermande indique : « Le mot « sexisme » a cinquante ans. La chose, elle, est sans âge. On pourrait dire du sexisme qu’on nous a souvent fait la chose, oui, bien avant de nous dire le mot. Aussi je dirai quelques mots du mot, qui en diront peut-être, qui sait, long sur la chose ». Elle parle de Pauline Leet Pittenger, de la teneur et la forme de son intervention, « On sent en le lisant combien son autrice a dû s’amuser à le prononcer à la tribune, combien elle a dû jouer pleinement la carte de l’oral ».

Le mot, la chose, son actualité, « La » femme comme réduction singulièrement essentialiste, la mixité, le « matrimoine », la réhabilitation du terme autrice, (voir Eliane Viennot : non, le masculin ne l’emporte pas sur le féminin. petite histoire des résistance de la langue française : nous-sommes-les-heritieres-et-les-heritiers-dun-long-effort-pour-masculiniser-notre-langue/), les femmes artistes et « La vieille injonction faite aux femmes de se cantonner au rôle de muse n’a semble-t-il rien perdu de sa rigueur », le sexisme et le racisme…

« Il est du reste temps de vous laisser lire les mots de Pauline Leet. Des mots joyeux – car le féminisme est joyeux, qu’on se le dise »

Pauline Leet Pittenger a prononcé cette conférence le 18 novembre 1965 devant un parterre exclusivement masculin, composé d’étudiants d’une université non mixe.

L’auteure parle, entre autres, de ségrégation, d’institutions pédagogiques ségrégées, d’existence ghettoïsée, des conséquences dommageables pour la personnalité, d’anthologie de poètes sans poétesse (à l’exception d’Emilie Dickinson), d’analogie entre raciste et sexiste, « votre position est analogue à celle du raciste – et je vous qualifierais donc de « sexiste » – », de culture rabougrie, de « mentalité façonnée par le ghetto », des êtres déshumanisé-e-s, d’« objectification ornementale », de vanité masculine, des « exaltations de voyeurs de la bonne société », des magazines dont Playboy, de « langue insupportablement mièvre »…

Et en postface, de l’université devenue mixte quatre ans après son discours, de ce qui ne change guère du « sale vieux temps »…

Un petit livre plein d’humour et de force poétique. « Car ce n’est pas votre innocence que je tiens à vous faire perdre, mais votre naïveté »

Lire la chronique de Didier Epsztajn sur le blog Entre les lignes entre les mots

Lire quelques pages de l’ouvrage sur le site des Éditions iXe

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