Sexus nullus, ou l’égalité

L’égalité entre les hommes et les femmes n’est pas encore acquise. Certes, elle est inscrite dans la loi. Mais les femmes sont encore minoritaires aux postes de décision, leur salaire augmente moins au cours de leur carrière que celui des hommes et elles sont moins promues que ces derniers. Il existe bien des lois sur la parité, mais elles n’arrivent pas à assurer aux femmes l’égalité qu’elles devraient obtenir par leurs seuls talents. Quant aux campagnes contre les stéréotypes qui incitent les filles à devenir pompières, charpentières ou maçonnes, elles peinent à rééquilibrer les orientations professionnelles ancestrales. Bref, en dépit des idéaux proclamés, l’inégalité entre les hommes et les femmes perdure dans la société. Comment expliquer cette situation ?

Pour le philosophe Thierry Hoquet, cette inégalité est entretenue par une mesure administrative : l’inscription du sexe des individus sur l’état civil. Cataloguer une personne en tant qu’homme ou femme l’enfermerait en effet dans les stéréotypes associés. Or cette inscription n’a aucune utilité pour la vie civique. Que ce soit à l’école, quand ils passent des examens, votent, etc., tous les individus sont censés être traités de la même façon, quel que soit leur sexe. Depuis l’instauration du mariage pour tous en France, l’État n’a même plus à regarder le sexe des personnes qui se marient. Pourquoi donc continuer à faire figurer la mention du sexe sur l’état civil ? C’est un peu comme si on prétendait lutter contre le racisme tout en continuant à inscrire la couleur de la peau sur les formulaires administratifs.

Pour montrer le caractère insidieux de cette mesure, l’auteur a eu l’heureuse idée d’écrire un conte philosophique. Il imagine ainsi un candidat à l’élection présidentielle ayant pour unique proposition de supprimer le sexe de l’état civil. S’amusant à décrire les débats et péripéties qui pourraient s’ensuivre, Hoquet réussit à dégager tout l’intérêt de cette proposition. Sans rien sacrifier à la rigueur argumentative, ce procédé littéraire rend la lecture du livre très agréable. C’est même profond et jubilatoire.

Lire la chronique sur le site de Thomas Lepeltier

Lire quelques pages de l’ouvrage sur le site des Éditions iXe

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